Oui complètement les ressentir et les transmettre ! Enfin c'est ça qui est intéressant pour un acteur : réussir à transmettre mais à ressentir. Entreprendre aussi ! Ne pas attendre : c’est la pire chose pour un acteur. Et entreprendre c’est ce qui me fascine dans le métier de réalisateur.
Les rencontres sont aussi très importantes pour moi. Moi je prends toujours le temps de discuter avec tout le monde. Au conservatoire par exemple j’ai fait une rencontre décisive avec celle qui a été ma professeure de théâtre : Claudia Calvier-Primus. Je me souviens que je n’avais pas les moyens de m’offrir des sorties de classe au théâtre de Thionville (NEST) et elle m’a aidé pour cela. Un geste que je n’oublie pas. Joël Fosse, mon autre professeur de théâtre a également été une rencontre décisive et son décès m’a beaucoup attristé. Je pense aussi à Vincent Goethals qui m’a engagé au Théâtre du peuple à Bussang.
Il y a eu aussi beaucoup de visages que j 'ai rencontrés ici au conservatoire qui ont été des repères pour moi : les agents d’accueil Denise, Kiki, Anne à la médiathèque que j’embêtais pour obtenir un code wifi, des camarades… Leurs visages et leurs sourires étaient tellement rassurants. Ils ont été mes premiers pédagogues ! Je suis fier d’avoir été élève dans ce CRR et j’y ai été heureux.
A ma sortie du conservatoire, j’ai fait deux rencontres décisives pour ma carrière :
- Paul-Émile Fourny (directeur de l’Opéra-Théâtre de l’Euro-Métropole de Metz) avec qui je travaille ici en ce moment sur la pièce L’Étranger d’Albert Camus. Il m’avait à l 'époque confié l'adaptation du « Tour du monde en 80 jours » un spectacle tout public (avec certaines dates dédiées à des scolaires) de Jules Verne directement à ma sortie de conservatoire. J’y ai interprété le rôle de Passe Partout. J’avais 18 ans et il m’a fait confiance et m’a laissé ma chance ! Je faisais de la figuration sur quelques pièces : c’est comme cela qu’on s’est connu et je lui ai transmis mon envie d’entreprendre et pas d’attendre ! C’est un homme qui fait confiance et donne sa chance aux jeunes. Je lui suis infiniment reconnaissant pour cela.
- Dominique Besnehard a été ma seconde rencontre décisive et déterminante pour moi. Il a été agent et il est maintenant producteur. On s’est rencontré dans la rue : je suis allée l’interpeller ! Je ne le connaissais pas du tout mais j’ai eu du culot ! Je crois en la citation de Paul Eluard « il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Je lui ai parlé de ma passion pour l’opéra et le théâtre. Il a apprécié ma motivation et ma détermination. On s’est revus ensuite à d’autres évènements artistiques et nous sommes devenus très amis. Il m’a notamment invité au Festival du Film Francophone Angoulême et m’a ouvert les portes du cinéma. Grâce à lui j’ai fait des rencontres très importantes : des acteurs, actrices, directrices de casting, scénaristes…
En parallèle de ces rencontres, j’ai travaillé sur quatorze productions d’opéra à travers la France, de La Traviata à Carmen aux Chorégies d’Orange, en passant par La Cenerentola ou encore Le Chevalier à la Rose et Tosca à l’Opéra de Paris. Je me suis consacré également au cinéma. Après avoir interprété le rôle principal de Sacha dans 167 jours et 4h, le dernier moyen métrage d’Alain Deymiers, j’ai tourné avec Cédric Kahn, incarnant le rôle de Nicolas dans La Prière.
Début 2019, j’ai été nommé « Révélation Talent Cannes Adami 2019 » pour le film Les chiens aboient de Grégory Montel. En 2020 j’ai tourné sous la direction de Nicolas Steil dans L’enfant caché. En 2021 j’ai tourné pour Rachid Hami dans Pour la France. En 2022, je suis dirigé par Arielle Dombasle dans Les secrets de la princesse de Cadignan, puis par Joachim Lafosse dans Un silence.
En 2023, à 27 ans, j’ai réalisé mon premier court métrage, Mamina produit par Dominique Besnehard.